Seuls 3% des crimes par arme à feu seraient commis avec des armes légales

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Des personnes tiennent des bougies durant une veillée de prière le 3 octobre 2015 à Winston dans l’Oregon. La veillée a été tenue en hommage aux victimes de la fusillade à Umpqua Community College (AP)

Le débat public sur la fusillade dans l’Oregon a suivi jusque là un déroulement habituel. Quelques observateurs se focalisent sur les failles des services de psychiatrie. Certains mettent en exergue les familles qui ont échoué à garder les armes loin des fils et des pères instables mentalement. D’autres ont parlé du contrôle des antécédents et de la puissance de feu disponible pour des citoyens privés.

Joe Scarborough, animateur au Morning Joe de MSNBC, a développé sa vision du marché noir des armes à feu.

« N’est-il pas vrai que seul 3% environ des meurtres et crimes sont commis avec des armes à feu de personnes qui ont en réellement acheté ces armes légalement ? » a-t-il demandé à un animateur dans son émission du 2 octobre.

« N’est-ce pas un gros problème de trafic, aussi ? »

Scarborough soutient les contrôles d’antécédents, mais sa focalisation sur le marché noir des armes à feu a captivé notre attention. Nous avons décidé de nous pencher sur les statistiques selon lesquelles seules une maigre fraction des crimes violents impliquent des armes à feu qui ont été achetées légalement.

Des données et des experts que nous avons consultés, nous avons appris que Scarborought pourrait avoir raison, mais les données ne confirment pas précisément.

Avant que nous analysions les données, nous devrions prendre note que la déclaration de Scarborough est un peu ambiguë. Il pourraient vouloir dire que de tous les crimes violents, 3% impliquent des armes à feu acquises légalement. Mais c’est aussi possible qu’il pensait que de cette petite portion de crimes violent — ceux impliquant une arme à feu — l’arme à feu avait été acquise légalement dans 3% des cas (nous avons contacté Scarborough mais il ne nous a pas répondu).

Philip Cook, un professeur d’économie et de sociologie à la Duke University, a fait quelques-unes des recherches les plus récentes et détaillés sur la façon dont les criminels se procurent leurs armes à feu. Mais notons que son travail commence avec les criminels, pas les crimes — ce qui était l’approche de Scarborough. Cook ne connait aucune étude qui considère les crimes comme un point de départ. Et pour une bonne raison.

« Le problème c’est que dans seulement une très petite fraction des crimes par armes à feu, on retrouve l’arme ou tout autre moyen qui nous permet de déterminer comment l’arme à feu a été acquise par la personne qui a commis le crime » Cook nous dit.

D’un autre côté, si Scarborough a dit que 3% des criminels qui utilisent des armes à feu les ont obtenues légalement, il serait arrivé près de la vérité. Il y a encore de gros problèmes avec ça, mais il aurait trouvé quelque soutien dans le travail de Cook.

[…]

Politifact.com

 

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