L’ARPAC interviewe Hervé Senach, président de l’Association De Tireurs

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L’ADT aura bientôt 20 ans ! L’Association De Tireurs est née en 1997 suite à la menace qui planait déjà sur le droit des Français à détenir des armes, 2 ans à peine après la disparition des fusils à pompe et des semi-automatiques des rayons de nos supermarchés. Mieux que quiconque l’ADT sait que la volonté du contrôle des armes et du désarmement des Français ne cesse jamais.

Hervé Senach, Président de l’ADT, a bien voulu répondre à nos questions.

 

L’ARPAC : Comment est née L’Association De Tireurs et quel est son but ?

H. Senach : L’A.D.T. a été créée en réaction aux manigances de la clique Leroux-Delnord-Amat qui se sont concrétisées par la proposition de loi « Leroux » en 1998. Proposition qui a été bloquée au Sénat, mais dont plusieurs dispositions ont été adoptées au coup par coup par une multitude de textes législatifs et réglementaires depuis.
Quant à son but, il est clairement détaillé dans ses statuts à l’article 2 qui énonce son objet :
« Cette association a pour but la défense des intérêts directs et indirects des tireurs. Elle défend notamment le droit d’acquérir, détenir, porter, transporter, importer, exporter et commercer des matériels, armes et munitions afin d’assurer le respect du droit aux loisirs, ainsi qu’à la légitime défense des personnes, des biens, du territoire national et des institutions démocratiques du pays.
Elle promeut ce droit fondamental de tous les citoyens français, émanation du peuple souverain dans une société démocratique et plus particulièrement pour ceux s’adonnant au tir sportif, de foire ou de salon, au ball-trap, à la chasse ou encore à la collection.
Elle soutient et représente ses membres auprès des pouvoirs publics, des médias ou de toute autorité officielle ou non. Elle peut s’affilier à toute Fédération nationale et internationale représentative. »

 

L’ARPAC : Quelle est votre position sur la proposition de loi européenne en cours de discussion, quels en sont les enjeux ?

H. Senach : L’A.D.T. est fermement opposée à la modification de la directive comme veulent l’imposer le ministre de l’intérieur Cazeneuve et la Commission européenne.
L’A.D.T. est la première association française a avoir rejoint « Firearms United ».
Au niveau européen, l’action a été menée par « Firearms United » et la « FESAC ». Aucune association française n’avait les structures adaptées pour mener des actions à ce niveau autres qu’encourager ses sympathisants à appuyer les efforts de ces deux associations européennes.
L’A.D.T. a donc préféré rester discrète, hors les lettres adressées aux parlementaires. Car une action se limitant à contester les dispositions de la proposition de la directive ne pouvait être efficace. C’est une refonte complète de la directive qu’il fallait exiger avec en particulier la reconnaissance du droit aux armes dont la Légitime Défense est le corollaire et la suppression du régime déclaratif des armes de la catégorie C. Le contrôle des armes, objets inanimés dénués de dynamique propre, ne peut contribuer efficacement à l’ordre ou à la sécurité publics. Ce sont les individus dangereux pour eux-mêmes et pour autrui qu’il faut surveiller et neutraliser. Mais ni la Commission européenne, ni le gouvernement français ne semblent s’engager sur cette voie de bon sens.
Il est patent que cette manigance combinée de la Commission et du gouvernement français vise à priver les Parlements nationaux de tout pouvoir en la matière. Le ministère de l’intérieur n’a pas apprécié l’intervention du Sénat sur les armes anciennes et de collection. Manifestement ce département ministériel ne veut pas que son arbitraire soit limité par le Législateur.

 

L’ARPAC : Comment peut-on défendre l’accès aux armes aujourd’hui en France et quelles sont les actions de l’ADT en ce sens ?

H. Senach : L’A.D.T. défend depuis près de deux décennies le droit aux armes. Refusant les compromis et toute compromission avec l’administration, l’A.D.T. n’envisage que les actions vers les Parlementaires nationaux et européens. Les échéances électorales de 2017 seront propices à de telles actions en commençant par les primaires dès novembre 2017.
L’axe retenu par l’ADT est :

  1. Reconnaissance du droit aux armes tel qu’il a été énoncé par les Constituants de 1789 et les rédacteurs de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui ont indiqué que le droit pour les citoyens de détenir des armes constituait un droit naturel existant en tout lieu depuis des temps immémoriaux, c’est-à-dire, « un principe supérieur et intangible, qui s’impose non seulement aux autorités d’un État déterminé, mais aux autorités de tous les Etats »
    Si la proposition d’inscrire explicitement dans un article X que « Tout citoyen a le droit d’avoir chez lui des armes et de s’en servir, soit pour la défense commune, soit pour sa propre défense, contre toute agression illégale qui mettrait en péril la vie, les membres ou la liberté d’un ou plusieurs citoyens » n’a pas été retenue, c’est que les membres du comité ont considéré à l’unanimité que « le droit déclaré dans l’article X non retenu était évident de sa nature, et l’un des principaux garants de la liberté politique et civile que nulle autre institution ne peut le suppléer ».
  2. Ce droit aux armes a pour corollaire le droit à la Légitime défense qui découle en outre de la « Résistance à l’oppression » que la première Constitution de la République définissait comme « le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »

 

L’ARPAC : Comment envisagez-vous l’avenir de la défense individuelle ? Quels principes fondamentaux sont à renforcer ou acquérir ?

H. Senach : Le préalable pour garantir le droit constitutionnel aux armes et sa conséquence principale le droit à la Légitime Défense.
Pour asseoir juridiquement la Légitime défense, il est impératif d’adopter une législation crédible en la matière. Les dispositions des articles 122-5 et suivants sont trop vagues et laissent une grande part à l’interprétation pour être crédibles. Une loi pénale doit être d’interprétation stricte. Ces dispositions sont tellement irréalistes que les forces de l’ordre en demandent avec force et constance la modification.
Ensuite, il devient impératif d’inscrire explicitement dans la loi la défense du domicile au sens large (Castle doctrine). Cette loi (common law) remonte à l’Angleterre du XVIIe siècle et dispose qu’une personne qui repousse même en employant la force létale une agression contre son domicile ne peut pas être poursuivie.
Enfin, il convient de légaliser le port d’armes pour toutes les personnes sans antécédents judiciaires violents et sain d’esprit. D’armes blanches pour tous et port d’armes à feu pour ceux qui sont reconnus aptes. En autorisant les citoyens à porter des armes serait-ce non à feu, on restreindrait fortement la nuisance de déments agressant les passants avec de telles armes. Bref, il convient d’introduire en France une « Stand-your-ground law ».
D’ailleurs monsieur Milos Zeman, le président de la République tchèque face au terrorisme propose d’encourager les citoyens à s’armer et à être prêts à se défendre.

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