Huit séquestrations par jour en France

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Une vieille dame habitant Rueil-Malmaison (78) a été découverte, le 23 octobre, dans ce baraquement,  au 90 rue de Courtry à Coubron (93), où elle était retenue.

INFOGRAPHIE – Ce type d’activité criminelle a augmenté de 25% en un an. Les grandes villes sont les plus touchées par ces affaires dramatiques qui se ponctuent parfois par la mort des victimes.

Plus de 2800 séquestrations en France en 2014! Presque 8 par jour! S’il fallait retenir un fait marquant dans le bilan annuel du ministère de l’Intérieur, ce pourrait être celui-là. Jamais cette activité criminelle n’a été aussi florissante. Elle a augmenté de plus de 25 % en un an.

Dans la zone police, celle des grandes villes et des villes moyennes, la hausse dépasse même les 33 %, avec plus de 2250 cas répertoriés depuis le 1er janvier. Tandis que dans les zones rurales placées sous sa responsabilité, la gendarmerie en a recensé un peu plus de 570.

Au plan national, la séquence se solde donc par 600 affaires de plus qu’en 2013, 600 faits supplémentaires, souvent synonymes de sévices, de tortures, de pressions psychologiques odieuses. Le Code pénal classe les séquestrations en délits en dessous de 7 jours de contrainte exercée sur la victime. Au-delà, ces faits sont qualifiés de crimes.

La carte des séquestrations établie par Le Figaro atteste de la vivacité de cette pratique crapuleuse dans les grands centres urbains. À Paris et dans sa banlieue, bien sûr, mais aussi dans le Nord, très marqué par cette forme de violence, sans oublier la Seine-et-Marne, les Bouches-du-Rhône, les régions lyonnaise ou toulousaine. Moins fréquents dans les départements ruraux, ces faits n’en demeurent pas moins traumatisants pour les victimes et fortement générateurs du sentiment d’insécurité.

Un mois de décembre riche en faits divers

Le mois de décembre a ainsi été riche en faits divers. Le 22, en Seine-Saint-Denis, un chauffeur-livreur du groupe Geodis se retrouve gazé et séquestré dans le coffre de sa fourgonnette, vidée de son chargement, par des malfrats encagoulés. Le 17, un bijoutier de Saint-Amand-Montrond (Cher) et son épouse sont ligotés, menacés d’une carabine et séquestrés des heures durant à leur domicile pour des bijoux, de l’or et des diamants. Même scénario, le 13, dans le Puy-de-Dôme tandis que deux jours plus tard, trois Chinois kidnappent, au sein de leur communauté, deux enfants de 9 et 10 ans, afin de soutirer 380.000 euros à leur père. Ils expliqueront aux policiers avoir voulu faire «comme dans les films chinois».

Ces affaires dramatiques se ponctuent parfois par la mort des victimes. Comme le 12 novembre dernier, où un octogénaire est décédé après avoir été séquestré avec sa femme dans sa maison de Villeneuve-d’Ascq (Nord). Ce mois-là se tenait également le procès de quatre Antillais qui avaient, sans même la nourrir, ligoté dans la position du Christ en croix une Camerounaise prétendument envoûtée pour la «libérer du diable».

Dans les services de police judiciaire, l’explosion des séquestrations n’étonne guère les hommes et les femmes qui additionnent les nuits blanches à négocier discrètement au téléphone la fin d’un chantage à la vie, loin des projecteurs des médias. «Les affaires de ce type ont augmenté en nombre et en intensité», reconnaît Jean-Paul Megret, secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP).

Selon lui, «un certain nombre d’équipes de voyous, jusqu’alors adeptes des vols à main armée, se sont reconvertis dans les home jacking ou attaques à domicile, parce que les banques et les établissements commerciaux, du fait de nouvelles procédures de sécurité interne, n’ont quasiment plus d’argent en caisse». Voilà qui relativise singulièrement la baisse des braquages mise en avant par la Place Beauvau dans ses communiqués.

[…]Souvent, un membre d’une famille est séquestré, tourmenté en direct, tandis que les ravisseurs exigent au téléphone ou via Skype, images à l’appui, une rançon aux proches. Des rapts moins médiatiques sans doute que ceux des années 1970, comme l’enlèvement du baron Empain, par exemple, mais tout aussi cruels. «Avec là aussi des amputations et une barbarie d’un autre âge», confie, écœuré, un officier de police de Seine-Saint-Denis.

[…]

Le Figaro

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