Faut-il armer les citoyens ?

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Armer les citoyens peut-il améliorer la sécurité collective d’un pays ?

 Armer les citoyens peut-il améliorer la sécurité collective d’un pays dont les forces de police et de gendarmerie, débordées, ne peuvent plus assurer leur première fonction : le maintien de la paix publique ? Le thème a été abordé ce samedi 28 mai au Rendez-vous de Béziers, dans le cadre de la table ronde consacrée à la justice et à la sécurité. Une rencontre que de nombreux participants ont animée avec vigueur et une chaleur toute méridionale pour certains.

L’insuffisance des moyens policiers est dramatique. Alors que notre pays compte 220.000 policiers et gendarmes, ils ne sont jamais plus de 5.000 déployés en même temps ! Ainsi, selon Cédric Michel, président du Syndicat de défense des policiers municipaux, augmenter les effectifs de 10.000 personnes n’aura aucun effet, tant qu’ils ne seront pas répartis sur le terrain. Le temps manquait pour approfondir une question : où sont les 215.000 autres ?

Thibault de Montbrial développe à cet égard une analyse encore peu admise : notre société de paix et d’abondance n’est pas préparée au combat qui s’annonce. Incapable de penser la guerre terroriste qui détruit son cadre de vie, et incapable de répliquer. Non seulement il faut donner aux Français la capacité de résilience, mais encore et surtout il convient de réfléchir au sujet du port d’arme par les citoyens eux-mêmes qui, titulaires du permis de chasser ou d’un permis de port d’arme, devraient bénéficier d’une formation spécifique.

Un avis qui n’est pas partagé par Xavier Raufer, criminologue, pour qui l’exemple américain montre que la multiplication des armes entraîne mécaniquement une augmentation du nombre de victimes. Qui a dit que nous étions par avance tous d’accord ?

Pour Thibault de Montbrial, en cas d’attaque terroriste comme celle du Bataclan, la riposte armée immédiate des personnes présentes sur place réduit considérablement le nombre de victimes, puisqu’elle empêche les assaillants de tuer impunément en les obligeant à se protéger des tirs adverses. Ce qui semble en effet assez logique. Reste à savoir se servir d’un pistolet, et à avoir le sang-froid nécessaire pour en user avec efficacité et rapidité. Tous les chasseurs savent que c’est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît.

Cependant, en dehors des chasseurs et des forces de l’ordre, la possession d’une arme et son utilisation en toute sécurité restent rares ; passer son permis de chasser ou s’inscrire dans un club de tir permet d’en acquérir une légalement. Mais, décidément en veine de se distinguer en effrayant les bonnes âmes qui croient qu’on transforme les loups en agneaux à coups de bonnes paroles, Montbrial va plus loin et plaide pour l’autorisation de port d’arme en tous lieux et en toutes circonstances par ces détenteurs de permis. Il est vrai qu’on est rarement victime d’un acte de terrorisme chez soi…

Cependant, ce n’est plus seulement en ville qu’il faudra envisager de se protéger soi-même. Mais aussi dans les zones touristiques ou sur les côtes. Parce qu’un terroriste attaque de préférence le point faible de son ennemi : si les villes sont quadrillées de forces de l’ordre, il se souviendra de l’exemple tunisien et mitraillera les plages.

Souhaitons que cette réflexion se développe et aboutisse parmi tous ceux qui ont pris conscience avec réalisme des dangers et de l’urgence. Pour qu’à l’angélisme criminel ne succède pas la peur de déplaire aux bien-pensants qui font l’opinion…

Boulevard Voltaire

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