Des contes de fées réécrits par une blogueuse pro-arme

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Flickr / Special Collections Toronto Public Library, Little riding hood, 1846

Flickr / Special Collections Toronto Public Library, Little riding hood, 1846

Le lobby pro-armes américain, la National Rifle Association (NRA), propose deux versions réécrites de contes pour enfants. Sous la plume d’Amelia Hamilton, une blogueuse conservatrice qui se présente comme « écrivaine et patriote depuis toujours », le site NRA Family propose des versions revisitées du Petit Chaperon rouge et de Hansel et Gretel.

Le but de cette campagne de promotion des armes à feu est simple : montrer aux enfants que l’issue tragique de ces histoires aurait pu être évitée, si chacun avait eu à sa disposition l’arme adéquate pour se défendre. Le Petit Chaperon rouge, un conte traditionnel européen, connaît en effet deux dénouements. Dans la version transcrite par Charles Perrault, la grand-mère est mangée par le loup, qui se déguise avec ses vêtements pour piéger la petite fille et la manger à son tour. Dans la version des frères Grimm, plus optimiste, le chasseur vient délivrer la fillette et sa grand-mère en ouvrant le ventre du loup. Quoi qu’il en soit, pour la NRA, rien de tout cela ne serait arrivé si la grand-mère avait été armée d’un fusil à dispersion. Voyez plutôt :

« Grand-Mère avait déjà entendu parler de ce loup ; les chasseurs parlaient de lui. Ce n’était pas n’importe quel loup. C’était le plus horrible de tous. C’était le Grand Méchant Loup. Prenant Grand-Mère par surprise, le loup la poussa pour entrer dans sa maisonnette. Grand-Mère se retourna pour lui faire face.

« Comme vous avez de grands yeux », s’exclama Grand-Mère en reculant.

« C’est pour mieux te voir », répondit le loup.

« Comme vous avez de grandes oreilles », dit-elle, le dos collé à la porte.

« C’est pour mieux t’entendre », dit le loup, en s’approchant.

« Comme vous avez de grandes dents ! », s’exclama Grand-Mère, alors que les mâchoires féroces du loup s’approchaient.

« C’est pour mieux te manger ! »

Le loup se pencha en avant, les mâchoires grandes ouvertes, puis s’arrêta soudain. Les grandes oreilles entendirent le cliquetis caractéristique du loquet de sécurité. Les grands yeux virent que Grand-Mère avait un fusil à dispersion, pointé droit sur lui. Il réalisa que Grand-Mère ne s’était pas reculée devant lui, mais qu’elle s’était rapprochée de son arme pour se protéger et protéger sa maison.

« Je ne crois pas que je vais me faire manger aujourd’hui », dit Grand-Mère. « Et tu ne mangeras plus jamais personne. »

Grand-Mère garda son arme pointée sur le loup, qui était trop apeuré pour bouger. »

L’ histoire est agrémentée d’illustrations, où un fusil de chasse a pris place entre la galette et le petit pot de beurre.

[…]

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